Cinq ans dans un bureau, presque des souvenirs des années Groupama Arras

Cinq ans dans un bureau

Je me sentais différent. Sans trouver les mots pour décrire cette différence. Se sentir différent est classique au sortir de l’adolescence !... C’est aussi une des causes du choix des entreprises de laisser « les jeunes » en formation universitaire le plus longtemps possible.
Il vaut mieux, pour une entreprise où la majorité de l’encadrement a dépassé la cinquantaine, éviter d’embaucher du sang trop frais. La véritable entrée dans l’entreprise sera donc trente ans ! Ainsi, le cuir aura eu le temps de se tanner !
Mais j’avais vingt ans à mon arrivée au service informatique de Groupama Assurances Arras. 1988.
J’étais le plus jeune ! Mais je ne considérais pas cette différence comme une question d’âge... je savais bien qu’il valait mieux un jour avoir leur âge !...
Alors qu’à trente ans, le malaise, je l’aurais sûrement attribué à la différence d’âge.
Je les ai observés, résignés à leur sort. Ils ronronnaient devant leurs dossiers, ronchonnaient dès qu’une oreille disponible approchait, maugréaient, bougonnaient mais continuaient et continueraient jusqu’à la fin, la retraite.
Ils avaient bien des colères, contre « les injustices », mais s’y complaisaient, dans ce rôle de « victime », victimette tellement bien payée par rapport à la valeur effective, à l’intérêt pour la planète de leur travail. Les vacances, l’alcool, les « petites histoires » leur servaient de béquilles. Pas d’euphorie mais suffisamment en état pour continuer. L’alcool restait à dose raisonnable (quelques exceptions quand même !).

La plupart du temps, je me taisais. Aucun état d’âme apparent. Un directeur informatique me décrit « stoïque ». Il était fier de ce terme !
Mais je savais : continuer était impossible. Continuer, c’était devenir comme eux. L’emploi façonne le cerveau, certaines connexions inutilisées s’éclipsent.



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Précision :

Témoignage du webmaster durant sa période 20-25 ans :
durant mes périodes d’essai, ma tenue vestimentaire, mes cheveux trop longs pour le secteur des assurances me valaient des menaces de rupture... et j’ai du promettre de couper ces cheveux pour signer un contrat à durée indéterminée... j’ai naturellement promis au directeur informatique avec le chef de projet comme témoin... et naturellement, ensuite, CDI en poche, j’ai rappelé le caractère inacceptable de cette pratique : Face à l’illégalité, le mensonge est conseillé !

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