Merci monsieur l'instituteur de cette passion du savoir où vous m'avez aiguillé. Merci de votre patience, votre courage quand je refermai avec colère mon premier livre. Vous n'êtes pas de ces prétentieux, collant un papier adhésif sur la bouche de celui Qui souhaite s'exprimer. Vous n'êtes pas de ceux qui attendent les congés pour ne plus voir ces foutus gosses, votre vocation de transmettre l'envie d'apprendre ne se claironne pas, elle se constate.
Avide, je volais au coeur des pages de nos grands auteurs, mais ma préférence revenait au dictionnaire. Partir d'un mot et courir derrière son sens, prendre les chemins biscornus des rencontres inopinées... Les rois de France me passionnaient, découvrir qui est le fils, qui est le père, qui a trahi et qui détient le pouvoir. Passer de Louis à Henri, revoir Louis, écouter. De dates, de définitions et de remarques, je couvrais les cahiers, mes compagnons d'isole-ment; cela m'est resté.