Monsieur le curé raconta les aventures de Jésus. Plus belles et plus touchantes que les récitations, les prières m'attiraient. Jésus, poète éternel. De cette période, le premier rêve resté à la lumière du souvenir. Je suis Jésus, marchant et parlant, les Badauds et les Bedeaux jettent des pierres ou acclament. Illuminé et Mythe. Fantastique cette opposition. Douce fascination des extrêmes. Etonnant les rêves, le matin impossible de se remémorer la vie onirique. Le psychiatre m'apporta la réponse officielle, la non mémorisation résulterait d'une considération banale des événements nocturnes. L'Important seul, demeurerait accessible à la mémoire consciente. J'y crois. Lancinant, ton souvenir alimente l'ouverture de mes paupières, notre bonheur retrouvé. Pourquoi ai-je attendu ainsi avant de franchir la porte de son cabinet ? La peur du qu'en dira-t'on, l'impression de parvenir à dénouer seul l'imbroglio cervical, le fatalisme ? L'aide se trouve souvent ailleurs. Dénichons l'humilité d'accepter la main tendue. Vivre, c'est déchirer les parcelles de mort - habitude, vieillesse, monde...