Naître Jean-Luc Petit...  Devenir écrivain malgré les mauvaises cartes en main...
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Ecrire... un peu raconter sa vie

mort durant vingt ans


Je suis

mort durant vingt ans

j'ai connu l'exceptionnel les hirondelles...




Je suis

mort durant vingt ans

, j'ai connu l'exceptionnel, les hirondelles, Méribel et les mirabelles; j'ai vu les belles Marie devant lesquelles les maris bêlent. J'ai vu la mer par soir de tempête, la montagne sans touriste, le désert où grande est la p
Aix du sable, j'ai vu plus, vécu plus que les membres d'Huclier réunis, mais ne suis-je pas passé loin de l'essentiel.

Le regret ne s'oublie pas mais devient la force. La force engendre la vie. A quoi bon gémir. Ah ! Si j'étais allé chez le psychiatre plus tôt ! On a tous la nécessité de se connaître. Ah si !
Six mois de dépression pourraient suffire à noyer la démission d'une...
Non je ne suis pas mort, pas encore. Pas mort malgré les maux. Les mots. Qu'est-ce qu'un mot ?

Un conduit, un leurre, une illusion, une faillite... une impossibilité à dialoguer par le sourire, les vibrations... un instant sacralisé.
Amour, chaussure, carton, ange, vidange... où est la différence, si ce n'est en notre mémoire, nos préjugés, habitudes.
Prenons le temps de définir un terme avant de le confier à l'enfant. Le mot, arme atomique allant à l'essentiel, perforant la chair; aussi dangereux que le bouton rouge sous le doigt du président.
Avec ses imperfections, ses contre-sens s'envole notre langage. Associations d'idées. Quelques lettres déplacées. Anagrammes. Illusions phonétiques. Plaisir exquis de la vérité cachée...
J'ai peur des mots.
Peur d'entendre amour, sans Amour.
Peur de l'envie, de l'an vit.
Peur de prendre vit pour vie.

Que devient le mot, prononcé par débit automatique d'une logorrhée folle ou réminiscence télévisuelle quand il heurte l'oreille attentive, un jour blessée par la même sonorité, le même jeu ?
Rien n'est innocent et nos syllabes sont les trous où tomberont

Immatriculée en Espagne, une voiture, noire.
Love, Love, Love !!! Je t'Aime.
Trous où tomberont...
Reviendra-t-il ?
Sa présence nous rassurait, nous intéressait, ses mots se propageaient tel le boueux fleuve d'une existence oscillant entre romance et déchéance, tendue vers l'extrême et le refus du compromis. Vie dont on adore la narration, l'évocation mais qu'on se se
Nt incapable de mener, la soif du confort nous l'interdisant.
Il avait tant de choses à dire... à nous apprendre.
Une trace laisse le détestable goût de l'Ephémère...
On souhaiterait que seule la mort du héros parachève les films de nos écrans à coins ovales.
La dose d'imprévu nous dérange, cette rose invisible. Bonheur volé. Satisfaction narcissique. Jouissance secrète.
Ils vivront sans moi. Si je les voyais, je pourrais rire... les mêmes bêtises, la même jalousie, l'égoïsme... rire d'observer ces bipèdes piégés. Ils s'imaginaient extraordinaires, ils s'imaginaient vivre toujours le grand bonheur, l'Amour, la passion.
Ils sont comme Moi.
Mais ils sont ailleurs.
Il s'est levé, ils se sont embrassés, ils sont partis. Qui est-elle ? l'égérie gracieuse, l'étrange liqueur rimée ayant tiré un trait sur sa fierté, son égoïsme ou celle qui va le panser, tout quitter avec lui...
Pourquoi souhaitiez-vous un acte extrême. Le suicide même. Rassurant cet arrêt apparemment définitif.
Nul n'est méchant volontairement tranchait notre ami. Je sens sourdre un satanique sourire, qu'il nous confie son écoeurement. Vous supposiez déjà un moyen, pendaison, calibre, cocaïne, sida, voiture, folie, poignard, océan, chemin de fer.
Peu importe mais qu'il raconte et crève.
C'est chiant un héros qui se barre au milieu d'une phrase, s'éloigne sans excuse, s'apprête à vivre un bonheur dont nul n'entendra parler.
Un bonheur vrai et non une course contre le vide, où l'on s'enivre de rien simplement en repoussant la hantise métaphysique.
Pas une de ces rencontres jugées merveilleuses après l'adieu de l'autre, mais un instant éternel, quand le regard rend inutile les mots.

Connaissant le visage, les propos ou les réactions, on croit souvent percer le mystère de l'autre.
L'image et les aveux collent à la peau, sublimant ou niant, identifiant l'être à quelques signes. Une présence. L'oreiller à côté respire et me regarde. Moi, égocentrique, moi narcissique. Mes rêves d'éternité. Cellules visibles masquant la réalité.
On croit l'autre passionné, prêt à tout vous donner, disposé à tout sacrifier à une passion.
Un jour le sportif raccroche les crampons, l'Amour quitte la maison du soi-disant bonheur.
Un jour on s'aperçoit qu'il désirait autre chose, ce quidam, ce miroir.
Le bruit, le mouvement, le silence, le repos...
La pureté...
Un jour, proche de l'océan, boîte à musique, vernissage ou devant l'enseigne d'un journal, deux êtres - vêtus de noir ? - se rencontrent, aimantés d'un rêve, c'est la fin d'un monde, d'une trêve, le début d'un possible, c'est la vie qui vous crie : *Respirez.




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